ÉTUDE - 1.1
 

Le mal frappe, mais Dieu pourvoit
Daniel 1 et 2

 
 


Les armées babyloniennes assiègent Jérusalem et
le roi Nebucadnetsar voit dans un rêve étrange
une statue métallique gigantesque.

Le sable soulevé par le vent lui piquait le visage comme des centaines d’aiguilles. Daniel s’arrêta pour essuyer la sueur granuleuse qui lui collait au front. Les six dernières semaines se confondaient toutes en une masse confuse de sensations : bruit du sable crissant sous les pas, morsure du soleil sur sa nuque rouge vif, irritation des yeux due à la sueur et à la réverbération aveuglante. Ils arriveraient bientôt à Babylone, disait-on. Si seulement ce cauchemar pouvait cesser...

La nuit, il s'enroulait dans sa couverture pour se protéger du froid du désert. Il lui arrivait souvent de se réveiller en sursaut, tremblant de peur en s’imaginant les mauvais traitements que Nebucadnetsar pourrait infliger à ses amis et à sa famille. Et en fait, au cours des mois suivants, l’horreur allait les submerger tous. L’immense armée du roi babylonien envahirait Juda. Les soldats assiégeraient Jérusalem. Les Hébreux succomberaient aux tortures de la faim, à la peur et au désespoir. Des béliers feraient voler en éclats les portes de la ville. Des vagues de soldats se déverseraient sur la cité de David. Les amis et les parents des captifs pousseraient des hurlements déchirants, puis leurs corps joncheraient les rues.

Ces images hantaient Daniel durant sa longue marche vers l’exil avec ses compagnons d’infortune. Tous les matins, tandis que les coqs chantaient dans les villages avoisinants, les gardes babyloniens réveillaient les troupes au son du clairon. Puis, Daniel devait se lever péniblement, chausser ses sandales trempées par la rosée, et se préparer pour une nouvelle marche de vingt-cinq kilomètres, sachant qu’elle serait suivie de bien d’autres. Mille six cents kilomètres séparaient Jérusalem de Babylone.

Mais par-dessus toutes les pensées qui tourmentaient Daniel, une question revenait, lancinante : Pourquoi? Pourquoi cette tragédie? Qu’avait-il fait pour mériter un tel sort? Quel objectif Dieu poursuivait-il donc en laissant Israël subir une telle humiliation? Là-bas, dans le royaume de Juda, Daniel appartenait à une famille affectueuse qui lui avait donné le meilleur. Son avenir s’annonçait brillant au sein de l’élite de Jérusalem. Maintenant, il avait tout perdu. L’avenir lui paraissait menaçant. Reverrait-il un jour son pays, son foyer, sa mère et son père? Passerait-il le reste de sa vie esclave d’un roi perfide, dans un pays étranger?

 
 

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